Le latin, à quoi ça sert ?

Le latin, à quoi ça sert ?


Le latin, ça sert à voir le monde différemment.

Comme chaque langue, le latin « découpe » le monde d’une certaine façon qui lui est propre.

Apprendre une langue, apprendre le latin, c’est donc apprendre à avoir un autre regard sur le monde qui nous entoure.

Par exemple, en latin, le mot « ludus » désigne aussi bien un jeu, un amusement, une plaisanterie que l’école ! En effet, à une époque où tous les enfants étaient loin d’aller à l’école, l’école était un loisir et un luxe, réservé aux plus aisés.

Ainsi, en nous proposant une autre manière de voir les choses, le latin, comme chaque langue, remet en question notre propre façon de voir les choses. Il nous permet donc de prendre du recul par rapport à ce qui nous apparaît comme des évidences. Pour finir, il nous permet de ne pas être dupe de la vision du monde que nous impose notre langue maternelle.

C’est là un formidable avantage du latin mais il est vrai de toutes les langues : l’anglais, l’espagnol, l’allemand, l’italien, l’inuit…

Ce qui n’est en revanche vrai que de la langue latine, c’est qu’elle est la langue-mère du français.

Le latin, ça sert à éclairer nos façons de parler, de penser, de sentir, d’aimer, bref, de vivre.

Aussi enrichissant que soit le point de vue de nos voisins sur le monde, il ne peut pas remplacer celui des hommes dont nous avons hérité la langue et la culture.

Nous faisons partie des héritiers de cette culture jusque dans les moindres de nos gestes, de nos actes et de nos paroles.

Ainsi, pour les anglophones, la machine qui vous permet de lire cette page est un « computer ». Ce mot vient du latin « computare » qui signifie « calculer, compter ». Sans nécessairement en avoir conscience, les anglophones voient donc avant tout cet appareil comme une machine qui compte, qui calcule, bref, une grosse calculatrice. Pour les francophones, c’est un « ordinateur ». Ce mot vient du latin « ordinem », qui signifie « rang, rangée, ligne, ordre ». Sans nécessairement en avoir conscience, les francophones voient donc avant tout cet appareil comme une machine qui permet de ranger, de mettre en ordre des informations (d’où « informatique »). On retrouve là la tendance de l’anglais à voir de préférence le concret et la tendance du français à voir de préférence l’abstrait. Grâce au latin, on peut mettre le doigt sur une des différences fondamentales qui existent entre les visions du monde que proposent ces deux langues.

De même, les germanophones appellent « Flugzeug » ce que nous appelons un « avion ». « Zeug » signifie en allemand « chose, machin ». « Flug- » vient du verbe « fliegen » qui signifie « voler ». Pour les germanophones, un avion est donc « un truc qui vole ». Et pour les francophones ? Lorsque, au début du XXème siècle, il a fallu trouver un nom à ces machines volantes que l’on essayait de mettre au point, le français s’est souvenu du latin « avis », qui signifie « oiseau ». En français, un « avion » n’est donc pas juste « un truc qui vole » mais un cousin mécanique des oiseaux !

Et il n’y a pas que les mots « ordinateur » et « avion » qui viennent du latin : dans le français parlé de nos jours, 80 % des mots viennent du latin ! Sans parler des structures de la langue que le français a héritées du latin !

« Je kiffe grave le latin ! »

Dans cette phrase, seul le radical du mot « kiffer » ne vient pas du latin mais la forme et la conjugaison de ce verbe est tout à fait conforme à celle des verbes du premier groupe français qui viennent des verbes du premier groupe latin. Tous les autres mots de cette phrase viennent du latin.

Le latin, ça sert à apprendre à mieux apprendre.

…à mieux apprendre le français, bien sûr, tant dans ses structures grammaticales que dans son vocabulaire.

…à mieux apprendre les langues : les langues romanes (espagnol, italien…), comme le français, empruntent une grande part de leur vocabulaire au latin ; outre les langues romanes, il existe des langues qui reprennent des principes linguistiques du latin : ainsi l’allemand, comme le latin, possède des déclinaisons ; enfin, il est prouvé que plus on apprend de langues, plus il est facile d’en apprendre de nouvelles !

…à mieux apprendre l’histoire, celle de l’antiquité essentiellement mais pas seulement puisque le latin a été parlé et utilisé en France et en Europe bien après la chute de Rome.

…à mieux apprendre tout court : l’apprentissage du latin est reconnu comme une école de rigueur, de logique et d’analyse, qui sont utiles dans toutes les matières.

Le latin, ça sert à apprendre des choses que l’on n’apprend pas ailleurs.

Comment Jupiter a-t-il séduit autant de femmes ?

Pourquoi César a-t-il été assassiné de 23 coups de poignards en plein Sénat ?

Combien de complots, de meurtres et de trahisons avant que Néron ne devienne empereur ?

Le latin, ça sert à gagner des points de bonus au brevet et au bac.

Les points de la moyenne de latin au-dessus de 10 sont comptés comme bonus au brevet et triplés puis comptés comme bonus au baccalauréat. De quoi avoir de l’avance et obtenir une meilleure mention !

La question « À quoi ça sert ? », à quoi ça sert ?

À rien ! Puisque la réponse est la même pour toutes les matières !

Comme le français, les mathématiques, l’histoire-géographie, la physique-chimie, les langues vivantes, les sciences et vie de la terre, comme toutes les matières enseignées au collège,

le latin ne sert à rien

uniquement si l’on ne s’en sert pas !

C’est à chacun de se servir de ce qu’il apprend au collège pour enrichir sa connaissance du monde qui l’entoure.

Seule l’ignorance ne sert à rien !

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